Vente d'hélicoptères: la Défense pas au courant de condamnations de l'acheteur
Toutes les informations contenues dans cet article publié aujourd’hui sur le site web de La Libre Belgique sont connues depuis les réponses données aux questions parlementaires du 8 mai dernier. En fait, depuis la publication de notre enquête dans La Libre Belgique et De Morgen fin avril.
Cependant, l’agence Belga donne deux détails importants: les prix des deux Airbus, qui faisaient l’objet d’un article intéressant du Morgen il y a une semaine et donnaient une nouvelle tournure à l’affaire.
Le Vice-Premier Ministre et Ministre de la Défense belge Pieter De Crem a enfin dévoilé le prix de vente des avions, cédés en 2010 à la firme bruxelloise MAD Africa Distribution.
Avec les Airbus, ce sont 23 hélicoptères Alouette II (2009), 8 hélicoptères Agusta A109 (2009), des pièces détachées (2010) et 4 hélicoptères Agusta A109 (2012) qui ont aussi été vendus à cette firme dont le directeur était soupçonné par les services de police et de renseignements de l’armée de blanchiment d’argent, trafic d’armes et trafic de véhicules.
Selon M. De Crem, les deux Airbus A310 - des avions acquis d’occasion en 1996 à la compagnie aérienne Singapore Airlines - ont été vendus respectivement pour 378.900 et 376.100 euros.
Comme l’indiquait donc justement De Morgen, bien en dessous de ce qu’auraient pu valoir les pièces détachées.
Quelques détails en plus: 376.100 euros pour l’Airbus immatriculé CA-02. Il y avait deux offres pour ce dernier. Celle qui l’a emporté était, selon nos sources, 15 fois plus importante que la première offre.
Selon le Ministre De Crem, il n’y aurait aucune obligation légale de mentionner publiquement le prix de vente du matériel dont l’armée se sépare. S’agissant d’argent public, on ne peut que s’inquiéter des standards de transparence du gouvernement belge.
Nous demandions le prix de vente des Airbus depuis le 3 mai 2013. Ni le cabinet du ministre, ni le service de presse de la Défense n’avaient souhaité nous répondre, préférant retarder la publication de l’information.
En outre, nous demandions le prix de vente des huit hélicoptères Agusta, cédés à MAD Africa Distribution en 2009. La Défense n’a toujours pas répondu.


![“Comment les ‘épaves’ de l’armée belge peuvent de nouveau voler”
C’est avec ce titre que le journal “De Morgen” offre ce samedi 11 mai 2013 de nouvelles révélations dans l’affaire des ventes publiques de la Défense.
Pour rappel, le 27 avril dernier, le journal flamand et “La Libre Belgique” étaient en mesure de montrer que, entre 2009 et 2012, l’armée belge avait vendu 35 hélicoptères et 2 Airbus à une firme bruxelloise dont le directeur était suspecté par le parquet fédéral et les services de renseignements de l’armée de blanchiment d’argent, trafic d’armes et trafic de véhicules. (Contexte ici et ici.)
Ce sont justement les deux Airbus qui intéressent aujourd’hui “De Morgen”. Le quotidien, dans son supplément “Reporter” consacré à l’investigation, montre que les deux avions ont été vendus à un prix dérisoire, bien en dessous de ce qu’auraient pu valoir leurs pièces détachées.
Les avions, qui ont changé de mains plusieurs fois depuis la vente par l’armée en 2010, devraient prochainement être opérationnels et voler en Afrique.
C’est l’entreprise MAD Africa Distribution qui a remporté les deux ventes. Pour l’une, il n’y avait qu’une offre, celle de la firme bruxelloise. Pour l’autre, il n’y en avait que deux. On ne se bousculait pas pour acheter les “épaves” de l’armée belge. Ces dernières semblent pourtant avoir été “un ticket de loterie” qui attendait d’être ramassé.
Pour “De Morgen”, l’acheteur semble avoir eu les connexions nécessaires pour sentir la bonne affaire. Le quotidien relève en effet une coïncidence des plus troublantes. “David V. [Directeur de MAD Africa Distribution] est le fils de Alain V., commandant de l’armée de l’air belge à la retraite. Père et fils se retrouvent dans l’acte notarial d’une firme dont l’adresse est celle de MAD Africa. Alain V. était jusqu’en 2009 membre du conseil d’administration du Cercle Royal Mars & Mercure. Il s’agit d’une organisation patriotique regroupant des officiers et des officiers de réserve. (…) Le trésorier du Cercle est Jan L.” Le quotidien remarque que Johan L., le fils de ce dernier, est la personne de contact pour la vente du premier Airbus.
L’affaire prend une nouvelle tournure.](http://25.media.tumblr.com/c613a45da420d0649c5fc97205f1b838/tumblr_mmmkprbonQ1qjv73co1_1280.jpg)


